Après la venue des hommes en noir de la semaine dernière, je n'avais parlé qu'une ou deux fois à Pierre. Je l'avais questionné sur ces hommes et sur les raisons pour lesquelles il n'était pas venu au Canada avec nous.
Ses réponses étaient vague en ce qui concernait le voyage et inexistantes sur les hommes en noir, cela jetait un froid glacial à nos conversations.
Après lui avoir demandé qui était ces hommes et que venaient-ils faire chez lui, je ne l'avais plus revue, il n'avait pas répondu à cette question et j'avais la net impression qu'il m'évitait. Mais la chose la plus étrange était que je ne cessais jamais de penser à lui, je me posais des questions à son sujet, mais pas seulement, en l'apercevant dans la cour du lycée j'eus une sensation que je n'avais jamais ressenti auparavant, un grand frisson me parcouru tout le long du corps. Ces comme si le monde entier s'arrêtait, je ne voyais plus que lui, en quelques secondes, je pu distinguer clairement tout les détails de son visage, il s'approchait de plus en plus vers moi et je ne savais pas comment l'interpeller, en même temps j'avais un peu peur. J'avais peur de ne pas être à la hauteur, peur qu'il m'évite une fois de plus, peur de l'affronter en quelque sorte. Je n'eus même pas à me décider, à la seconde où il leva la tête et m'aperçut, il changea de direction. J'étais sous le choc, je n'arrivais pas à croire avec quelle audace il avait agit. Mais à ce moment de la journée j'ignorais encore tout de ce qui se passait réellement.
A la sortie des cours je me précipitai vers la rue qui menait à notre quartier et je l'attendais. Quelques minutes plus tard il passa devant moi sans même me jeter un regard.
<< - Alors maintenant tu m'ignores, je n'existes plus ? Lui demandais-je en criant de sorte qu'il m'entende.
Il se retourna et me regarda fixement dans les yeux avant d'ajouter :
- C'est à moi que tu parle ?
Non mais je rêve ! Il me regardait tout étonné comme si il y avait une dizaine d'autres personnes dans la rue à ce moment là.
- Qui d'autre veux-tu que se soit ? Qu'ai-je fais pour que tu ignores ma présence, que tu changes de direction lorsque tu me vois ?
Il me répondit tout simplement avec une indifférence étonnante « je n'ai pas vraiment le temps aujourd'hui. »
De nouveau je l'arrêtai en criant d'une voix aiguë « je veux la vérité ! »
Sa voix devint soudainement plus forte, il me criait dessus en réalité et il s'approchait de moi à une vitesse fulgurante, mon c½ur se mit à battre incroyablement vite, je ne contrôlais plus rien. Il m'avait surpris et en une fraction de seconde il était à quelque centimètres de moi, le souffle court il reprit :
- Je n'ai plus le droit de m'approcher de toi, je ne doit plus m'attacher à toi même si malgré moi je le suis déjà
J'ai peur de te faire souffrir, peur que du jour au lendemain ....
Il s'arrêta et me fixa, alors en criant je lui demandai de finir sa phrase, mais sur ces paroles il se retourna et s'en alla en direction de la maison. Sous le choc je le regardais partir quand une pluie violante se mit à tomber, quand je senti les première goûtes toucher mon visage je revins à moi et me remis en route. Je ne le voyais presque plus il marchait à une vitesse étrange, il courait presque.
Arriver cher moi, ma mère me gronda car je n'avais pas mis ma capuche et que j'étais trempée mais au fond je me fichais totalement de se qu'elle disait. Les paroles de Pierre retentissaient dans mon esprits, je n'avais aucune idée de ce qu'elles voulaient dire mais elle me perturbait rien que son changement direct de comportement m'avait sérieusement affecté. Je ne savais plus quoi pensé, je ne savais plus quoi faire et soudainement les larmes me montèrent aux yeux et je me suis mise à pleurée. Assise dans mon lit, je pleurais sans trop savoir pourquoi, j'étais peut être à bout.
